Notre confrère Agbédivlo Komi alias Didier Ledoux a été victime mercredi 25 Août au tribunal deLomé d’un kidnaping. Il a été sauvé grace à sa vigilance et à la mobilisation de certains confrères également présents sur les lieux.
Le palais de la Justice de Lomé était bondé de professionnels des médias. Et pour cause, sept organes de presse devaient passer à la barre pour des faits qui leur sont reprochés.Il étaitsurles lieux pour couvrir l’audience et apporter son soutien à ses confrères. « J’allais pour faire une photocopie de la citation du journal « Le Magnan Libéré » quand j’ai vu un journaliste et un cameraman de la TV2 qui se dirigeaient vers l’entrée pour prendre des images du palais de la Justice. Je les ai suivis et nous sommes allés sur la route, plus précisément dans l’angle du ministère de l’Administration territoriale aux fins d’avoir un grand angle sur l’édifice. J’ai pris deux ou trois images et le cameraman de la TV2 aussi a filmé le palais », raconte Didier Ledoux.
La suite, tout a été fignolé pour enlever le journaliste qui avait eu le 10 août dernier une altercation avec l’officier français Romuald Letondot, conseiller spécial du chef d’Etat-major de l’armée de terre. « Une fois que nous avons terminé, poursuit-il, le temps pour moi de mettre l’appareil dans le sac, puisqu’il est interdit de prendre des images des audiences sans autorisation, mes confrères de la TV2 sont déjà loin. Je rentrais quand j’ai été approché par un gardien de la paix en tenue. Il m’a dit qu’il avait quelque chose à me dire. Quelques pas après, je me suis rendu compte qu’il faisait signe au groupe de gendarmes postés sur la rue entre la résidence de l’Ambassadeur de France au Togo et le palais de la Justice. Je lui ai posé la question de savoir où nous allions. Je n’eus aucune réponse. Sur ces entrefaites, je lui ai dit de m’accorder quelques secondes, le temps d’informer un confrère ». Le pire même va arriver. « Quand je me suis retourné pour partir, un groupe de gendarmes vint m’encercler. « Pourquoi tu nous as pris en photo ?», me demanda un lieutenant. J’ai répondu que je n’ai pris que des images de l’édifice et que d’ailleurs, j’étais avec les journalistes de la TV2. C’est là qu’il a ordonné de m’embarquer. Lui-même, il m’a fait un croc-en-jambe mais je ne suis pas tombé. C’est à partir de ce moment que les autres gendarmes ont commencé à me rouer de coups. Ils m’ont ensuite jeté dans la fourgonnette. Mais j’ai senti que quelque chose m’a piqué lors de mon agression », relate-t-il.
Conduit vers le camp de la Gendarmerie, le journaliste a été relâché dans une ruelle à côté de la Grande Poste de Lomé. Une relaxe intervenue grâce à l’intervention de certains confrères parmi lesquels des responsables d’organisations de presse.
Conduit à l’hôpital, le journaliste a reçu des soins et sera en observation pour quelques jours.
Croyant que les malheurs ne peuvent qu’arriver aux autres, certains confrères cyniques se sont moqués de ce qui est arrivé au journaliste. Il y a même un journaliste corniaud qui, hier sur Radio Kanal FM, a tenté d’enfoncer son confrère par des arguments de bas étage. De toutes les manières, on sait aujourd’hui que la plupart des journalistes togolais se sont mués en agents de renseignements et que ce sont eux qui indexent les autres sur les lieux de reportage.
Didier ASSOGBA


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